Samedi 9 avril 2016

Louis Plescia et Christophe Renwa réunis au cimetière de la Cense Rouge

Une cinquantaine de personnes ont rendu hommage, ce samedi matin, à nos dix paras belges assassinés au Rwanda le 7 avril, il y a 22 ans. Une petite cérémonie était organisée au cimetière de la Cense Rouge à Seraing, à l’occasion de l’inauguration d’un nouveau lieu de recueillement dans l’allée qui mène au cimetière. La stèle de Christophe Renwa, qui se trouvait à Chênée, a désormais rejoint celle de son frère d’armes, Louis Plescia.

« Un moment pour faire la réunion de deux braves, dont les stèles se rejoignent. Mais on pense aussi aux autres, a souligné le padre Dominique Chaboteau, l’aumônier militaire provincial, qui a béni le nouveau monument. « Les caporaux Louis Plescia et Christophe Renwa ont payé le prix fort face à la barbarie humaine. Ils sont désormais unis dans la mort. Mais leurs stèles sont réunies pour se recueillir davantage, car il nous faut encore des modèles, des hommes et des femmes, et nos dix paras peuvent être considérés comme tels. »

C’est sous le chant des oiseaux de l’allée de la Cense-Rouge à Ougrée, et sous le soleil – moins chaud que celui qui brillait le matin du drame, le 7 avril 1994, devant le Camp Kigali au Rwanda –, que les associations militaires et patriotiques, le bourgmestre Alain Mathot et les autorités communales de Seraing, et les familles des paras ont dévoilé le nouveau monument. La stèle dédiée à Louis Plescia en 2012 comporte désormais une plaque en hommage aux dix paras assassinés, avec leurs photos. Elle a été rejointe cette semaine par la stèle de Christophe Renwa, qui se trouvait initialement à Chênée. Les parents et la veuve du caporal Renwa n’étaient pas présents à la cérémonie de ce samedi. Au pied du monument, les bérets verts des dix hommes avaient été apportés par leurs proches.

« N’oublions jamais cet acte odieux, a martelé un ancien paracommando, les larmes aux yeux, n’hésitant pas à rappeler « la déficience du haut-commandement » ce jour-là. Un parent du lieutenant Thierry Lotin a ensuite pris la parole pour remercier la commune et les associations militaires de cette initiative. « Ça fait chaud au cœur qu’il y ait encore autant de monde. Je voudrais aussi rendre hommage à tous les militaires déployés dans le pays pour le moment. »

C’est avec beaucoup d’émotion que Joseph Plescia, le frère jumeau de Louis, accompagné des enfants du para assassiné, a assisté à cet hommage. « C’est important que les dix soient ensemble ici désormais. 22 ans après, Louis est toujours là, dans mon cœur, chaque jour », nous glisse-t-il, en déposant un baiser sur le béret de son jumeau.

Louis Plescia avait 32 ans lors du drame. Le Casque bleu liégeois de la Minuar faisait partie du peloton mortier du 2e bataillon commando de Flawinne. Il était le papa de Raphaël et Melissa, aujourd’hui âgés de 30 et 29 ans. Une rue porte son nom à Seraing, elle sera inaugurée officiellement dans quelques semaines.

Texte: C. Vrayenne - Sudinfo / Photo: Sophie Kip